David Nathan Journaliste, rédacteur

22nov/09

Rencontre avec le caricaturiste André-Philippe Côté

cote

Le caricaturiste de La Presse et du Soleil André-Philippe Côté est venu présenter au Salon du livre de Montréal la douzième édition de son livre De tous les... Côté 2009. J’en ai profité pour lui tendre le micro, rencontre du neuvième art...

C’est la douzième édition de votre livre, apparemment la crise n’a pas atteint votre inspiration.
Non au contraire, les caricaturistes se nourrissent précisément des événements perturbateurs qui changent l’ordre des choses et je dois dire que cette année a été riche, un peu comme 2001 qui était très perturbée aussi.

En fait si le monde allait bien, vous seriez au chômage.
Oui tout à fait ! On ferait de la peinture artistique ou quelque chose comme ça.

Parmi tous les hommes politiques que vous dessinez, y en a-t-il un qui vous inspire plus que les autres ?
Pas vraiment. Je suis moins intéressé par les hommes politiques que par les citoyens face à la politique et par le fait politique.

C’est quoi le processus avant qu’un dessin se retrouve à la une du journal ?
Généralement le matin je fais sept, huit ou dix esquisses, je les propose au chef éditorial, et ensemble, on évalue laquelle serait la plus pertinente pour le lendemain. Ça repose beaucoup sur une question de timing en fait. 24h trop tard, et une caricature tombe à l’eau.

Donc vous jetez environ huit dessins par jour ?
Oui, j’ai environ 40 000 esquisses dans mon bureau que je n’utiliserai pas.

Est-ce qu’il y a des dessins que vous avez regretté de ne pas avoir osé faire ?
Oui c’est arrivé avec l’affaire Monica Lewinsky, j’avais des dessins assez osés et mon rédacteur en chef me dit que ce n’était pas possible de publier ça dans le journal. J’ai donc mis ça de côté et un mois plus tard, je vois le mot fellation à la une de tous les journaux…J’ai ressorti mes dessins mais j’avais un mois de retard. J’aurais pourtant bien aimé être le premier à en parler.

Au contraire, est-ce que vous avez fait un dessin que vous regrettez ?
Oui c’est arrivé. J’avais fait un dessin sur un patient qui avait été violenté dans un centre pour personnes âgées et mon dessin laissait sous-entendre que tous les employés de ces centres-là avaient un tel comportement. J’ai vraiment regretté d’avoir fait ce dessin. J’aurais dû être plus précis dans mon dessin.

C’est long à faire un dessin ?
Oui et non. Le plus long, ce sont souvent les trois heures de recherche le matin. Pour paraphraser Picasso, je dirai qu’il m’a fallu 30 ans pour faire un dessin en 30 minutes…Mais le temps dépend beaucoup de la complexité du dessin en lui-même. Quand j’ai l’idée, l’exécution en elle-même peut prendre 10 minutes comme trois heures.

Vous lisez beaucoup de bandes-dessinées ?
Non jamais. J’en ai fait mais ce n’est pas ce qui me plaisait. Moi j’étais surtout attiré par le travail des caricaturistes comme Wolinski, Bretécher, Reiser, socialement engagés. J’ai commencé par la BD de science-fiction mais par nécessité, c’était la seule porte d’entrée à ce moment-là pour moi.

Vos projets ?
Je vais sûrement refaire un troisième album de Dr Smog, avec comme angle, une critique de l’égocentrisme de la société actuelle, l’individualisme.

« De tous les Côté 2009» d'André-Philippe Côté est disponible aux éditions La Presse. (http://librairie.cyberpresse.ca/lapresse/index.html)

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