David Nathan Journaliste, rédacteur

19oct/09

Le Ruban Blanc, maîtrise et noirceur. Critique.

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Amateurs de films à sensations fortes, passez votre chemin ! Le Ruban Blanc, de Michael Haneke, a de forte chance de ne pas vous apporter la dose d’adrénaline nécessaire à votre béatitude cinématographique. Présenté hier dans le cadre du 38ème Festival du Nouveau Cinéma www.nouveaucinema.ca, et récompensé en mai dernier à Cannes par la Palme d’or, ce film fait plus dans la subtilité que dans le pur divertissement, et c’est très bien comme ça !

Dès les premières images du Ruban blanc, le narrateur nous prévient : « Beaucoup de questions restent sans réponse ». L’interprétation personnelle est en effet de mise dans le dernier film du cinéaste autrichien, qui s’amuse à ne pas nous donner toutes les clés de cette histoire mystérieuse.

Tourné en noir et blanc, le Ruban blanc raconte l’histoire d’un village protestant de l'Allemagne du Nord à la veille de la Première Guerre mondiale. D'étranges événements ressemblant à des actes de vengeance surviennent et instaure un climat de suspicion généralisée. Qui se cache derrière tout cela ?

La vie de ce village s’organise autour du Baron, faussement magnanime, et de sa femme. Gravitent autour d’eux toute une galerie de personnages et de personnalités hauts en noirceur. Parmi ces âmes sombres, il y a le prêtre du village, par ailleurs père d’une famille nombreuse et disciplinée. Il diffuse la divine parole à ses ouailles le matin et distribue des coups de fouet punitifs à ses enfants l’après-midi…avec la même ferveur. Une éducation à la baguette, dans le vrai sens du terme.

Il y a l'instituteur du village, un jeune homme amoureux qui assure la voix-off et raconte le film bien des années plus tard, un peu comme on raconte un conte fantastique. Il y a aussi le docteur, personnage à l’ambigüité menaçante, victime du premier « accident » et enfin, il y a les nombreux enfants du village dont il faut souligner la justesse du jeu.

Certes, le Ruban blanc peut sembler un poil austère, vu de l’extérieur. De facture très classique, en noir et blanc, 2h30 au compteur et le tout en langue allemande, ça peut faire réfléchir. Mais dès les premières images, on se laisse embarquer dans l’histoire sans aucune difficulté. Michael Haneke maitrise son art, son casting est parfait, le jeu de ses acteurs est nuancé et d’une glaciale efficacité.

Comme d’habitude, il ne cherche pas à faire un cinéma conventionnel, et c’est tant mieux. En 2005, le réalisateur de La Pianiste et de Funny Games déclarait d’ailleurs « Un film c’est un mensonge 24 images par seconde, au service de la vérité. Tous mes films constituent une réaction contre le cinéma dominant. ».

La sortie du film au Québec est prévue pour l'hiver 2010.

Texte: David Nathan

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