David Nathan Journaliste, rédacteur

4nov/09

Lancement du quatrième album de compositions du pianiste Alain Lefèvre, intitulé « Jardin d’images ».

Alain lefevre

C’est au Monument National, dans le café Quebecor, à quelques mètres du Club Soda que l’on m’a donné rendez-vous pour l’entrevue avec le célèbre pianiste.

Alain Lefevre jouera quatre pièces de son dernier opus devant un auditoire attentif. Parmi les invités de la soirée on remarquera Denys Arcand, Marc Labrèche ou encore le comédien Patrick Drolet (le coloc tannant de la série Les Invincibles), qui interprétera prochainement au cinéma le rôle du compositeur québécois André Mathieu dans le film « André Mathieu, le dernier des romantiques ». Alain Lefèvre l'a d'ailleurs conseillé sur le tournage.

Quelques minutes avant de prendre place derrière son piano, Alain Lefèvre à répondu à nos questions.

Comment se porte la musique classique au Québec ?
La musique classique, au sens large, se porte mal partout. Depuis deux, trois générations, il y a eu un problème concernant l’éducation à la musique classique. Les jeunes dans les écoles ne peuvent pas aimer la musique classique car ils n’en ont jamais entendu. En musique classique il y a une sorte d’élitisme, ça se passe « entre nous ». Cela fait longtemps qu’on aurait dû s’inquiéter de la popularité de la musique classique, mais je parle de popularité au sens noble du terme. On a manqué le coche, et on en paye le prix aujourd’hui.

L’Opéra de Montréal essaye de rejoindre un public plus jeune, il organise des happenings dans le métro, il fait venir des bloggeurs http://patwhite.com/node/8502 qu’est-ce que vos pensez de ce genre d’initiatives ?
Cela fait 20 ans que je fais ça et que je tire le signal d’alarme. J’ai essayé d’ouvrir la musique classique à un public plus large. Vous savez, quand on entend Jacques Brel chanter « Ne me quitte pas », il n’y a pas de doute pour moi, c’est un chef d’œuvre. Donc les gens qui disent que Mozart est là (geste de la main en hauteur) et Jacques Brel est là (geste de la main plus bas), ça ne m’intéresse pas. Quand c’est beau, c’est beau. Il n’y a pas d’échelle de Richter en ce qui concerne la qualité de la musique.

C’est votre quatrième album, êtes-vous anxieux ?
Oui ! Ce sont mes propres compositions, c’est un travail très personnel, donc oui, j’ai une appréhension. Je ne l’ai pas quand je fais des albums de répertoire en revanche.

Qu’est-ce qu’on va trouver sur cet album ?
Des images qui sont venues de mon vécu. Je suis un enfant d’immigrant, quand je suis venu au Québec j’avais quatre ans. Mon père était québécois, ma mère française. J’ai toujours été très influencé par ces images de mon enfance.

Ce sont donc des images...musicales ?
Oui exactement. Chaque auditeur mettra des impressions sur ce qu’il entend. Je ne veux pas imposer quoi que se soit. Chacun se fera sa propre histoire, je ne fait que suggérer.

Quelles sont vos influences ?
J’ai toujours été fasciné par des compositeurs comme Michel Legrand, Maurice Jarre, Francis Lai, Georges Deleru. Ils sortaient tous du conservatoire de musique, avec une formation classique mais ils ont composé des musiques de films absolument géniales, ils ont réussi à emmenés la musique classique à un autre niveau. Et ce sont des musiciens dont j’espère avoir hérité le sens de la mélodie.

Vos projets ?
Je suis à Montréal quelques semaines encore, ensuite je pars pour la France, le Portugal, la Malaisie, la Chine, Singapour, l’Allemagne…

Vous avez beaucoup de points Air miles ?
Pas tant que ça ! En fait le billet d’avion est très souvent pris en charge par les organisateurs donc ce sont eux qui bénéficient des points Air miles !

"Jardin d'images" d'Alain Lefèvre (Analekta www.analekta.com)
www.alainlefevre.com

Texte et photo: David Nathan

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