David Nathan Journaliste, rédacteur

22oct/09

Interview de la danseuse et chorégraphe Sophie Dalès pour le spectacle « Celui qui aime est à Dachau ».

Dachau

Le comédien Francis Ducharme et la danseuse Sophie Dalès se produisent à partir de soir et jusqu’au 25 octobre à la Tangente dans un spectacle intitulé « Celui qui aime est à Dachau ».

Construit à partir de l’ouvrage de l'écrivain et sémiologue français Roland Barthes « Fragments d’un discours amoureux » et de textes issus de leurs propres expériences, le spectacle aborde le thème de la relation amoureuse et de sa difficulté.

Nous avant rencontré Sophie Dalès, quelques jours avant la première.


Comment est née l’idée de ce spectacle ?

« Nous avons toujours été très proches avec Francis et ça faisait très longtemps que l’on avait envie de collaborer ensemble dans le travail. Nous avons voulu mettre en commun nos expériences et nos névroses de couple dans une pièce. Pour cela, nous nous sommes appuyés sur le livre de Roland Barthes qui était à l‘époque était une de nos lectures communes, nous l’avions découvert ensemble. »

Comment définiriez-vous la forme de ce spectacle, c’est de la danse, du théâtre, une lecture sur scène ?
« Je dirais que c’est un spectacle performatif. Il y a de la danse, du théâtre, nous jouons de certains instrument sur scène, on parle, on chante, on danse…»

Vous avez défini le spectacle comme un « coup de poing dans le ventre », comment se matérialise cette violence ?
« La violence se manifeste dans la manière dont on traite le sujet et dans le discours que l’on tient sur scène. Mais la violence est aussi dans les textes de Roland Barthes et dans les nôtres, dans l’ironie que l’on a certains moments l’un pour l’autre. En fait, chaque chose se veut un coup de poing dans le ventre, tous les éléments sont liés. »

Le titre du spectacle est très provocateur, vous l’assumez ?
« C’est vrai que c’est un de la provocation mais il faut aussi savoir que c’est très inspiré du livre de Roland Barthes. C’est d’ailleurs lui-même qui comparait dans son ouvrage la situation d’un sujet en mal d’amour à celle d un concentrationnaire de Dachau. Mais je dois reconnaitre que pour moi, c’est totalement indécent de se permettre cette comparaison. »

Est-ce que l’une des volontés de ce spectacle est aussi de faire réagir les gens et de sortir du discours sirupeux sur l’amour éternel et autres archétypes sociaux sur le couple ?
Totalement. La société est faite pour le « 2 », les gens se font croire que l’amour est éternel alors que selon moi, il ne l’est pas du tout. On se trompe, les gens se soumettent envers l’autre.

Votre vision du couple et de l’amour est-elle pessimiste ou, finalement, réaliste ?
Je dirais réaliste. Du moins, pour nous, mais après, chacun a sa propre opinion sur le sujet….

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